IdeFS - Identité Française Supranationale : réalité ou désillusion ?
Financement :
Nantes Université - Pôle Humanités et Sociétés
Coordinatrice scientifique :
Monica CardilloRésumé :
À partir des années 2000, la France a vu à sa tête des présidents de la République ayant promis de « tourner la page » de la « Françafrique », répondant ainsi à un désir des opinions publiques africaines comme françaises. Le débat sociétal et politique actuel sur les deux continents soulève des questions identitaires en tant qu’elles renvoient certaines communautés historiques, ainsi que culturelles, à l’équation de leurs origines géographiques. Qui plus est, dans l’espace francophone, les questions migratoires semblent orienter ce débat avec des rhétoriques souvent racialisées dans l’ancienne puissance colonisatrice, tandis que dans les anciens territoires colonisés, un certain discours «panafricain» se développe faisant croire à l’existence d’un sentiment « anti-français ». À historiciser ce débat, on voit que c’est « l’identité impériale française » qui est en question. Souvent cité par les jeunes dirigeants de l’Afrique occidentale, le discours polémique du Président Nicolas Sarkozy, en 2007 à Dakar, ne facilite pas la compréhension de cette nouvelle politique de «renforcement de leurs relations». Reconnu par toutes les élites politiques confondues, l’Afrique fait «vivre la francophonie» ; il s’agit de «construire une relation nouvelle» avec elle, «débarrassée des scories du passé» et où la France du «visionnaire général de Gaulle» reste «la meilleure des passerelles» avec l’Europe, avait précisé le même Président en 2006.
Or, une certaine paramnésie de localisation amène à poser, de manière idéologique, une problématique devenue clivante alors même qu’à partir de 1946, il était déjà question de «faire société» ; de faire de la citoyenneté française un facteur d’unité non pas que géographique, mais surtout solidaire, comme consacré dans le préambule de la Constitution de l’Union française. Il y a 79 ans, la France du Général de Gaulle proposait une nouvelle identité française tournée vers l’avenir, théorisée par des auteurs comme Senghor en termes de «métissage» né «des décombres de la colonisation». La création de l’Union française, en donnant la citoyenneté à tous les colonisés, tendait alors à démontrer la nature dynamique de l’identité dans l’histoire de la France.
Le présent projet, en interrogeant ce moment précis de l’histoire de la vie politique française peu exploré, s’intéresse à la question de savoir comment la République française désigne, à partir de 1946, sa relation avec les terres ultramarines, jusqu’alors appelées colonies. Mobilisant à la fois les sciences humaines et sociales, ce projet étudie d’une part le contexte – juridique, politique, économique et humain – ayant conduit à la création d’une nouvelle possible identité française dans les années 1946. D’autre part, ce projet, analysant les facteurs mobilisant la naissance de l’Union française, examine l’esprit d’une «révolution pacifique» abolissant le statut colonial dans les relations entre la France et l’Afrique et mettant fin au régime colonial. Enfin, cette étude questionne, à l’aune des débats actuels, la manière dont une Fédération Francophone, issue de la Constitution de 1946, aurait conduit à un «faire société» égalitaire, solide et pacifié.
Plus concrètement, il s’agira d’analyser le texte constitutionnel de 1946, les discours politiques et parlementaires, la presse, les mouvements nationalistes et les revendications des colonies, le rôle du cinéma francophone, afin de comprendre le caractère réel ou illusoire du programme constitutionnel.
Or, une certaine paramnésie de localisation amène à poser, de manière idéologique, une problématique devenue clivante alors même qu’à partir de 1946, il était déjà question de «faire société» ; de faire de la citoyenneté française un facteur d’unité non pas que géographique, mais surtout solidaire, comme consacré dans le préambule de la Constitution de l’Union française. Il y a 79 ans, la France du Général de Gaulle proposait une nouvelle identité française tournée vers l’avenir, théorisée par des auteurs comme Senghor en termes de «métissage» né «des décombres de la colonisation». La création de l’Union française, en donnant la citoyenneté à tous les colonisés, tendait alors à démontrer la nature dynamique de l’identité dans l’histoire de la France.
Le présent projet, en interrogeant ce moment précis de l’histoire de la vie politique française peu exploré, s’intéresse à la question de savoir comment la République française désigne, à partir de 1946, sa relation avec les terres ultramarines, jusqu’alors appelées colonies. Mobilisant à la fois les sciences humaines et sociales, ce projet étudie d’une part le contexte – juridique, politique, économique et humain – ayant conduit à la création d’une nouvelle possible identité française dans les années 1946. D’autre part, ce projet, analysant les facteurs mobilisant la naissance de l’Union française, examine l’esprit d’une «révolution pacifique» abolissant le statut colonial dans les relations entre la France et l’Afrique et mettant fin au régime colonial. Enfin, cette étude questionne, à l’aune des débats actuels, la manière dont une Fédération Francophone, issue de la Constitution de 1946, aurait conduit à un «faire société» égalitaire, solide et pacifié.
Plus concrètement, il s’agira d’analyser le texte constitutionnel de 1946, les discours politiques et parlementaires, la presse, les mouvements nationalistes et les revendications des colonies, le rôle du cinéma francophone, afin de comprendre le caractère réel ou illusoire du programme constitutionnel.
Résultats attendus
Les résultats attendus comprennent à la fois le volet recherche, formation et société civile :
- D’abord, ce projet doit conduire à une compréhension dépassionnée de l’histoire. En effet, si le contact colonial a été souvent présenté unilatéralement, soit foncièrement civilisateur par l’historiographie coloniale d’avant-hier, soit purement dominateur, répressif et exploiteur par les diverses historiographies anti coloniales ou nationalistes d’hier et d’aujourd’hui, un des résultats attendus de cette recherche est de parvenir à entendre ce moment colonial dérobé de toute dimension passionnelle qui fait de cette histoire, une histoire engagée dans un sens ou dans l’autre. Autrement dit, le souhait de revisiter la question France-Afrique devrait permettre concrètement d’éclairer et d’ouvrir des perspectives de solution des problématiques actuelles (comment penser les nouveaux rapports entre la France et l’Afrique, quelles stratégies pour favoriser l’inclusion sociale en France aujourd’hui ?).
- Ensuite, ce projet devrait ouvrir de nouveaux champs de recherche (niveau Master et Doctorat), dont l’originalité résiderait dans une nouvelle épistémologie interdisciplinaire, visant à croiser les domaines des sciences humaines et sociales, et à dépasser les limites académiques isolant les différentes disciplines.
- Enfin, ce projet transversal, conviant le regard et les imaginaires de la société civile, devrait ouvrir vers une réflexion nouvelle au sein de l’opinion publique générale.
Actualités
- Séminaire de recherche fin septembre
- Journée d'étude en Octobre
- Ciné-forum : 5 séances
- Séminaire final courant février
Partenaires
- Laboratoire de Psychologie des Pays de la Loire (LPPL)
- Centre de Recherche sur les Identités, les Nations et l'Interculturalité (CRINI)
- Centre de Recherches en Histoire Internationale et Atlantique (CRHIA)
- Institut des Monde(s) Africains (IMAF, UMR 8171)
- Département d'histoire, Université Cheikh Anta Diop de Dakar
- Institut d'études avancées (IEA) du Sénégal
- Association Kuma Kang
Membres du consortium
- Pape Chérif Bertrand Bassène, Enseignant chercheur en Histoire moderne et contemporaine, Département d’histoire, UCAD.
- Thérence Carvalho, Professeur des universités en histoire du droit, DCS.
- Marie-Xavière Catto, Professeur de droit public, DCS.
- Silvia Falconieri, Chargée de recherche au CNRS, Membre de l’Institut des Monde(s) Africains (IMAF, UMR 8171).
- Babacar Fall, Directeur de l’Institut d’études avancées de Saint-Louis du Sénégal.
- Christian Hounnouvi, Maître de conférences en espagnol, CRINI.
- Alain Messaoudi, Maître de conférences en histoire contemporaine, CRHIA.
- Stéphanie Morandeau, IE CNRS, PHD Philosophie, DCS.
- André Ndobo, Professeur des universités en psychologie sociale, LPPL.
- Céline Pauthier, Maitresse de conférences en histoire contemporaine, CRHIA.
- Dampi Somoko, Docteur en littérature anglophone, enseignant-contractuel, CRINI.
- 10 étudiants, niveau Master et Doctorat sélectionnés par le consortium.
Mis à jour le 06 juillet 2026.