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Les embarqués 2026-2027 - Alexandre Mimouni

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  • Le 24 septembre 2026
    Campus Tertre
    Faculté de Droit et Sciences politiques de Nantes Université

    Salle 220 + ZOOM

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  • 12h30-13h30/14h
     

Organisé par Samuel Sanchez et Katia Barragan

Séminaire d'accueil à DCS

Jeudi 24 septembre 2026
«L’Occident n’a pas de culture»: du droit canonique à l’anarchie juridique

12h30/13h30-14h

Alexandre Mimouni, est Professeur en Histoire du droit et des institutions

Présentation:
Ce que l’on appelle l’Occident semble subir une forme de crise identitaire et s’y multiplient les appels à défendre sa culture, notamment juridique : en témoigne un grand nombre de controverses autour du droit (encadrement des signes religieux, droit au blasphème, fin de vie, bioéthique, etc.).

Pendant de nombreuses années, une certitude a été à la base de la civilisation occidentale : l’universalité de sa vérité, laquelle dépassait les enracinements culturels. D’où une séparation qui a longtemps prévalu dans l’analyse des sociétés : sociologie pour comprendre les modernes, anthropologie (et donc critères culturels) pour comprendre les autres. Ce partage du monde vacille aujourd’hui et avec lui les appareillages critiques des disciplines du savoir.

À partir de mes travaux sur le droit médiéval, je me suis interrogé sur certaines des notions fondamentales de notre grammaire politique et juridique :
- Qu’est-ce que le vrai/le faux en droit?
- Quelles sont les limites de ce que le droit nomme la religion?
- Comment les institutions religieuses ont distingué vérité orthodoxe et hérésie et comment ce partage s’est poursuivi dans l’histoire de nos concepts?
- Dans quelle mesure nos critères de vérité sont définis par le droit?

Ces questions obligent le juriste à s’interroger sur le paysage mental auquel il appartient, d’autant que le droit est aujourd’hui mobilisé dans une perspective d’affrontements présentés comme civilisationnels.

L’hypothèse que je tente de démontrer est la suivante : la notion de culture a été définie juridiquement et non seulement scientifiquement, par l’institution canonique pour désigner les autres (alchimistes, païens, hérétiques). Après avoir défini la religion, l’Église a opéré un partage entre culture et vérité qui continue d’influencer notre vision du droit, des autres et de nous-mêmes.

Faire l’archéologie de ces catégories me parait aujourd’hui un des objectifs de l’historien et je tenterai de démontrer en quoi certains penseurs se revendiquant d’une forme d’anarchisme peuvent nous y aider.


Discussion:
Monica Cardillot, Professeure en Histoire du droit et des institutions, Directrice du département d'histoire du droit - Membre Junior IUF (2025)

Mis à jour le 14 septembre 2026.