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Colloque Auguste Comte et le droit

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  • Le 19 mai 2026

    Nantes Faculté de droit 
    Chemin de la Censive du Tertre
    Salle 220 et via Zoom


     
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  • 14h00 - 18h00

     

Colloque organisé par Samuel Sanchez et Stéphanie Couderc-Morandeau - DCS

La journée d’études sur Auguste Comte et le Droit a pour ambition d’examiner la place du Droit et des juristes dans la pensée philosophique comtienne. Si la notion de « positivisme juridique » connaît une indéniable prospérité, y compris au-delà du champ strictement juridique, elle éclaire peu les conceptions propres au fondateur du positivisme à l’égard du Droit. Inscrite dans une démarche systématique, la pensée de Comte remet en cause les certitudes de son époque. Le Droit n’échappe pas à ce mouvement : il tend à être envisagé comme un simple instrument d’organisation sociale, dont la pertinence et la portée se trouveraient à la fois intrinsèquement et historiquement limitées.

La journée d’études consacrée à Auguste Comte et au Droit se propose de développer deux approches complémentaires : une approche philosophique tournée vers la compréhension de la norme dans le système comtien, philosophie positive qui a influencé incontestablement de nombreux philosophes, hommes politiques et penseurs de la seconde moitié du XIXème siècle. Plus précisément, il s’agit de se demander comment Comte conçoit la place des légistes et de leurs fonctions dans le développement du positivisme.

Parallèlement à cette approche philosophique qui analyse le droit sous l’angle d’une philosophie de la systématisation, une approche juridique dévoile une réflexion comtienne influencée par Saint-Simon sur le droit qui ne se constitue pas d'abord comme théorie juridique autonome, mais plutôt comme une interrogation sur l'ordre social et sur la réorganisation de la société postrévolutionnaire. Ce qui amène à s’interroger sur la morale positive, à savoir une combinaison de principes issus de convictions réelles et non de volontés arbitraires qui conduit le philosophe à écarter de sa doctrine la notion même de Droit comme celle de droits subjectifs, toutes deux attachées à l’état métaphysique de la civilisation. Cet aspect de la pensée comtienne conduit à deux conséquences principales. La première est la dénonciation de la fonction proprement législative, à travers notamment le rejet de la démocratie parlementaire. La seconde conséquence réside dans le rôle central de devoir. La morale positive imposera à chaque classe des devoirs respectifs : “nul ne possède d’autre droit que celui de toujours faire son devoir”. L’anomie juridique que tend à concevoir Comte n’est donc pas dissolvante pour la société : au contraire, la substitution du droit par le sentiment de devoir permet de pousser chaque individu à exécuter ses obligations et à participer au bien commun.

Enfin, cette journée se terminera par une analyse sur le droit ouvrier sous l’angle de la conception comtienne du prolétariat. Car si A. Comte valorise le prolétariat pour son rôle moral et social et s'intéresse à certaines thématiques essentielles, comme le salaire ou les coalitions, le philosophe privilégie toutefois une régulation reposant sur les mœurs plutôt que sur le droit. Il sera intéressant de voir que ce sont finalement ses continuateurs ouvriers positivistes qui en viennent à mobiliser le droit afin que leurs revendications sociales puissent trouver une traduction et une réalité juridique.

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Mis à jour le 06 mai 2026.