• Le 01 mars 2018
  • Date de parution : 1er mars 2018

Cet ouvrage est publié par Jean-Noël Retière, professeur émérite de sociologie à l’université de Nantes, Cens (UMR CNRS 6025) et Jean-Pierre Le Crom, directeur de recherches au CNRS, Droit et changement social (UMR CNRS 6297).

 
« Soulager la détresse alimentaire ! » : cette antienne que l’on croyait l’apanage des grandes organisations humanitaires internationales est devenue un appel à secourir ici et maintenant. La paupérisation croissante a suscité au cours des dernières décennies une mobilisation d’ampleur qui s’est traduite par des reconfigurations d’associations historiques (Société de St Vincent de Paul, Secours catholique, Secours populaire), des créations (Restos du cœur, Banque alimentaire) et des initiatives multiples. En combinant les démarches historiques et sociologiques, ce livre interroge, depuis les années 1930, les formes d’engagement, les modes d’approvisionnement, les usages et les discours accompagnant ce don de denrées soustraites au marché, au nom de la solidarité.

En combinant la démarche de l’historien et les outils du sociologue, en croisant archives publiques et privées, documentations internes, presse et entretiens (bénévoles, responsables associatifs et politiques, fonctionnaires d’État, territoriaux et européens, cadres de la grande distribution), ce livre interroge les processus qui, des œuvres philanthropiques d’hier aux associations humanitaires contemporaines, ont affecté la nature du bénévolat, l’esprit et la forme du don ainsi que leur type de gouvernement. Il montre qu’en comparaison de la solidarité collective garantie par l’État sous forme de droits, l’aide d’urgence alimentaire a revêtu depuis toujours, par-delà la rhétorique humanitaire, une forme dégradée de sécurisation de l’existence. Des « miettes de solidarité » en quelque sorte, constituées par des denrées soustraites au marché et reliefs de nos tables solvables.

Cet ouvrage a été publié avec le soutien du laboratoire Droit et changement social (CNRS, université de Nantes) et du Centre nantais de sociologie (CNRS, université de Nantes).