• Du 20 juin 2019 au 21 juin 2019
    Ces journées se dérouleront dans le cadre des Journées Scientifiques de l’Université de Nantes, les 20 et 21 juin 2019, à la Faculté de Droit et de Sciences Politiques et à la Cité des Congrès de Nantes.

"Qualifications et parcours - Qualification des parcours" - Ces XXVèmes journées du longitudinal sont organisées par le Centre associé au Céreq de Nantes du Laboratoire « Droit et changement social » (UMR-CNRS 6297), le Centre de Recherche en Éducation de Nantes (CREN -EA2661) et le Centre nantais de sociologie (UMR-CNRS 6025) de l’Université de Nantes.

Les travaux sur la notion de qualification ont connu un fort développement en France dans la deuxième moitié du XXème siècle, tout d’abord dans les débats fondateurs de la sociologie du travail (Friedmann, 1956 ; Naville, 1956 ; Campinos-Duvernet et Marry, 1986), puis pour en discuter de la pertinence comme catégorie d’analyse ou en décrire les transformations dans un modèle de la relation formation-emploi qui ne placerait plus la qualification au centre des conceptions partagées des acteurs, au profit notamment de la notion de compétence (Charraud, 1995 ; Dubar, 1996 ; Buscatto, 2006). Les juristes du travail ont également mis en évidence l'absence d'uniformité de la notion, distinguant, d'une part, la qualification conventionnelle, s’appuyant sur la hiérarchie des catégories professionnelles issues des classifications de branche, de la qualification personnelle définie comme l'aptitude technique du salarié et sa capacité à accomplir un travail donné, aptitude parfois garantie par un diplôme sanctionnant une formation professionnelle (Durand, 1950). On peut toutefois souligner le moindre intérêt pour la notion de qualification dans la littérature récente, alors même que le terme continue d’être couramment utilisé comme catégorie institutionnelle.
Il en va tout autrement avec la notion de parcours qui fait l’objet d’un usage très fréquent en sciences sociales. On peut y voir l’effet du recours possible aux études sur données longitudinales permettant d’appréhender de manière diachronique les questions de scolarisation, de formation, d’emploi, de santé, etc. et d’intégrer aussi ces différentes questions dans la perspective des parcours de vie. La mobilisation de la notion de parcours s’inscrit aussi dans un contexte de promotion de l’autonomie individuelle et de remise en cause des cadres sociaux institutionnalisés (en sociologie du travail, voir Zimmerman, 2011 ; plus généralement Beck, 2001).

Parcours et qualification
Les Journées du longitudinal proposent d’interroger ces deux notions ainsi que leur articulation.
Leur rapprochement permet notamment de considérer la diversité des parcours associés à un niveau de qualification donné (voir par exemple sur les « non qualifiés » ou les jeunes en décrochage : Gasquet, 2003 ; Ricroch et al., 2011 ; Bernard, 2011)
Les Journées du longitudinal seront également l’occasion de faire le point sur les travaux portant sur les liens entre expériences scolaires et formation, mobilités professionnelles, événements biographiques, afin de saisir la qualification des personnes comme un construit dans le temps, dans une perspective de « formation tout au long de la vie ». Cette approche centrée sur les parcours biographiques peut également être examinée dans le cadre d’évolutions macrosociales. La montée des inégalités, les évolutions du marché du travail, les incertitudes sur les qualifications futures, la rupture qu’a constitué la crise de 2008 sont autant de transformations qui ont pu affecter les parcours et les qualifications des personnes.
Ces Journées seront aussi l’occasion de discuter de la polarisation des parcours, entre parcours d’exclusion et parcours d’accès aux qualifications les plus socialement valorisées.
On s’intéressera également à la multiplication des parcours atypiques, remettant en cause les relations directes entre réussite ou échec scolaire d’une part, insertion professionnelle durable ou précaire d’autre part. À cet égard, les Journées du longitudinal permettront de discuter des méthodes statistiques permettant d’identifier des parcours-types, notamment à travers les techniques de classification.