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  • Du 24 octobre 2019 au 25 octobre 2019
    MSH Ange Guépin
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Journée d'études - Axe 3 BonDroit - Les lieux du Bonheur : approches littéraires

Présentation du colloque

L’objet de ce colloque est le bonheur dans le champ du littéraire. Le bonheur, en tant qu’état de l’âme, peut emprunter à diverses représentations s’exprimant à travers une terminologie labile (eudémonisme, bien-être, joie de vivre, etc.) ; il peut être présenté aussi bien comme un projet de vie, un idéal, construit et pensé dans un cadre philosophique ou spirituel, que comme un état de fait, une expérience existentielle ressentie et vécue dans son immédiateté et sa dimension émotionnelle. Éphémère ou durable, il se vit dans l’intimité subjective comme dans le partage. On se propose de penser sa matérialisation ou sa réalisation à travers les lieux que l’écriture et la littérature peuvent susciter.

Plusieurs perspectives seront posées pour tenter de répondre à cette question : que fait la littérature au bonheur ? On interrogera d’abord la manière dont la fiction inscrit le bonheur dans une quête, une trajectoire spirituelle, voire mystique, dans un ailleurs qu’offre parfois la perspective d’une migration. On pourra aussi rapporter la dimension intérieure du bonheur comme état de l’âme à un objet extérieur « le lieu construit » imaginé, en privilégiant les relations et interactions qu’il entretient avec les contextes de sa réalisation.

Par ailleurs les « lieux du bonheur » invitent à considérer le concept, non seulement dans sa dimension subjective et individuelle, mais encore au sein de représentations où le bonheur est pensé comme collectif, voire communautariste. Les genres littéraires ont à voir avec cette articulation. Si le lyrisme poétique semble nourrir (comme l’autobiographie, l’autofiction, les journaux intimes, le roman épistolaire) les écritures de « soi », pour mieux questionner le bonheur (et son envers) dans des formulations réflexives, le roman, les récits de voyages et autres genres proches où la dimension fictionnelle doit être interrogée, seraient plus enclins à développer la matérialisation d’un bonheur collectif, entre utopies et dystopies. Enfin, il importe de considérer l’objet-livre comme lieu construit par l’acte même de l’écriture, un refuge pour l’auteur/l’autrice, pour le lecteur/la lectrice, favorisant certaines formes de bonheur : la littérature comme lieu du bonheur dans lequel on se « recueille », l’objet-livre pour son auteur.e qui peut encore être le lieu d’un engagement, volontariste et politique.

Cette perspective de l’engagement renvoie au rôle que la littérature occupe au sein de la société, en tant qu’elle constitue elle-même un lieu à part entière – une scène – où peuvent se jouer et s’exprimer les conflits, aspirations ou grandes questions qui occupent le corps social dans le temps présent comme dans le temps long de l’imaginaire partagé.