• Du 13 juin 2013 au 14 juin 2013
    Amphi Drouot
    Faculté des Lettres
    36 rue Chabot-Charny - Dijon
  • Jeudi : 9h30 - 17h30
    Vendredi : 9h30 - 16h30

Colloque organisé par Laurence Giavarini et Frédéric F. Martin. Thème abordé : La notion de brièveté juridique.

Le colloque "Pouvoir des formes" est une invitation à donner à l'écriture toute sa place dans la production des énoncés et des textes normatifs. Il se situe dans le prolongement d'une question posée par le volume sur l'Écriture des juristes, dirigé par Laurence Giavarini en 2010 concernant l'écriture des juristes comme possible "modèle" d'action de l'écriture ou de l'écrit. La réflexion sera resserrée autour de ce que l'on a appelé "formes brèves" et d'un type ou un domaine d'action spécifique, celui qui concerne la production des normes. En droit, les juristes rapportent généralement le "pouvoir normatif" à l'"auteur" de la norme et en donnent volontiers une interprétation volontariste ; pour autant, ce "pouvoir" peut également être cherché dans l'écriture, du côté peut-être de la permanence et de la généralité dont la forme doit être porteuse. De même, s'agissant des études littéraires, des objets tels que la sentence ou les fables supposent une stabilité formelle, induisent un processus de reconnaissance de celle-ci, qui peuvent être reliés à la production de la norme. Nous voudrions ainsi proposer un rapprochement entre ces différentes façons d'aborder le texte, son format et son pouvoir. Adages, proverbes, brocards, maximes, sentences, moralités, fables, exempla, dits, sotties, mais aussi règles de conduites : nombreux sont les exemples de textes, de taille variable, qui peuvent être présentés isolément, en série ou insérés dans d'autres textes et qui entremêlent le narratif et le prescriptif, le lieu commun et l'invention, qui s'appuient sur des modèles d'écriture qu'ils retravaillent. Les formes brèves, l'action normative de leur écriture posent la question des rapports entre la stabilité d'une forme (son caractère "normé" si l'on veut), sa reproductibilité, et son contenu normatif orienté vers l'extérieur de l'écrit, sa capacité à régler des conduites par exemple. La reprise, voire l'institutionnalisation de modèles d'écriture, transforme ainsi l'action de l'écriture, ou sa disposition à l'action, en pouvoir, institué ou reconnu comme tel : transformation des moralités ou des fables en genre littéraire, stabilisation formulaire de l'écriture des normes juridiques, normalisation des formes brèves et de la discontinuité comme ressources normatives mobilisables par quelque discours que ce soit ou distinction, au contraire, entre modes ou contextes d'utilisation, institutionnels ou non, de ces formes.

Partenaires

DCS
Université de Bourgogne
Université de Nantes
CNRS