• Du 06 décembre 2018 au 07 décembre 2018

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L’objectif de ce colloque « Citoyenneté(s) et démocratie » est de démontrer que ces deux notions comportent une pluralité de sens et de conséquences.

Jeudi & Vendredi 6-7 décembre 2018

Au-delà du simple constat de la crise de la représentation, ces deux notions invitent les disciplines à dialoguer en s’interrogeant sur les débouchés souhaités ou espérés d’un renouveau de la démocratie au travers d’une citoyenneté plus active. Se trouvent ainsi sollicitées plusieurs thématiques : celle de la réalité du lien aujourd’hui entretenue entre ces deux notions, celle de la nature exacte du modèle démocratique projeté dans cette refondation du lien entre citoyenneté et démocratie, et celle des modalités envisagées pour le renouveau des mécanismes de participation des citoyens à la vie démocratique.

1. La question du lien entre citoyenneté et démocratie
Seront ici envisagées successivement les origines et fondations du rapport ; l’analyse philosophique, historique et politique des processus de démocratisation et d’apprentissage de la citoyenneté ; les incidences que cela a eu sur l’évolution dans les Etats sortant de l’autoritarisme et du totalitarisme, comme dans les États réputés libéraux.

2. Les enjeux politiques et juridiques de la rénovation du rapport entre citoyenneté et démocratie
Sur fond de débat idéologique et politique : entre néo-républicanisme et néo-libéralisme, démocratie représentative et citoyenneté participative, se pose ici la question du modèle démocratique recherché dans ce renouveau du rapport citoyenneté-démocratie.
Subséquemment se pose également la question du dépassement ou pas de l’Etat dans le rapport citoyenneté-démocratie. La citoyenneté nationale semblant être frappée de précarité, est-ce à prétendre que la Nation et l’Etat sont appelés à disparaître ; qu’émerge en conséquence une « identité post-nationale » de nature à renouveler le regard sur les fondements et les valeurs démocratiques ?
Face aux crises identitaires, quelles sont les réponses apportées par l’Europe au repli national ? L’Europe est-elle inclusive ou exclusive ? Les tensions identitaires sont-elles uniquement la conséquence du repli national ou également la conséquence du repli européen ? Quelles sont les interactions avec les crises migratoires, avec le terrorisme et le désir d’identification de certaines populations, au regard d’une conception de plus en plus élargie de la citoyenneté ?

3. Les modalités et le renouveau des mécanismes de participation des citoyens à la vie démocratique
Dans le cadre de cette dernière thématique d’analyse, il s’agira d’identifier les nouvelles manières de porter les causes des citoyens sur la scène politique, en posant la question des formes alternatives à la démocratie représentative. Quel rôle jouent ou joueraient réellement les citoyens, dans ces formes alternatives, en ce qui concerne la réalité de la prise de décision ? Qu’on évoque pour cela la démocratie d’opinion ou démocratie sondagière, le pouvoir médiatique, la démocratie continue, la citoyenneté numérique, les mouvements citoyens formalisés, informels ou spontanés.
Quelle est la portée et quelles sont les limites de cette demande de renouveau du lien entre citoyenneté et démocratie ? En s’interrogeant sur ce dernier point, c’est poser la question de l’effectivité des mutations par rapport au pouvoir décisionnel de l’appareil étatique et par rapport au mécanisme représentatif.